Critique du restaurant "Cuisine en ville"

Critique du restaurant “Cuisine en ville”

Cuisine en ville, se présente à mon sens comme « le » restaurant halal ayant pour projet de démocratiser la cuisine gastronomique. Avec un chef Maître restaurateur ayant une expérience reconnue, une cuisine raffinée et sophistiquée le concept parle à toute la communauté musulmane mais pas que…
Il s’inscrit dans ce mouvement de nouveaux chefs ayant contribué à l’émergence de la « bistronomie».

C’est donc une cuisine moderne, inventive et créative que l’on trouve chez Cuisine en ville avec les codes stricts des grandes maisons en moins. Le cadre se veut branché mais pas guindé, la décoration simple et neutre. La salle est peu intimiste malheureusement. En effet, celle-ci déjà particulièrement exiguë offre une promiscuité gênante et inconfortable.
Chez cuisine en ville les services se suivent mais ne se ressemblent pas … mais saluons tout de même cette démarche de transmission de la part du chef qui forme le personnel de demain.
Ce soir-là l’accueil est exemplaire, le personnel très professionnel, le service fluide et agréable.
L’ambiance légèrement feutrée invite à la détente et au plaisir gustatif.
La carte me plait… Rédigées avec clarté, les différentes formules sont aussi alléchantes les unes que
les autres avec la promesse d’une cuisine faite maison et de saison. Je me laisse tenter par le menu «Grand Sud » qui semble revisiter la cuisine méditerranéenne traditionnelle.
Pour l’entrée, on m’apporte un kadaïf de chèvre accompagné d’un croustillant au miel d’acacia et un sorbet aux dattes. C’est de loin l’entrée la plus aboutie qu’il m’a été donné de gouter. Tout y est ! Du croustillant, du crémeux, du fruité, des saveurs… des jeux de textures… Ici le pari de la cuisine fusion est parfaitement gagné ! Et ce contraste chaud/froid avec ce kadaïf de chèvre chaud et ce sorbet c’est carrément ingénieux puisque cela atténue cette sensation de lourdeur que peut laisser en bouche la friture.
Je continue avec une poitrine de volaille des Landes revisitée façon tajine et là encore quelle belle découverte ! Les revisites de grands classiques sont souvent décevantes car elles s’éloignent beaucoup trop gustativement du plat d’origine. Mais ici, je dois avouer que l’exercice est réalisé à la perfection ! Visuellement, nous sommes à des années-lumière d’un tajine de poulet aux pruneaux.

Le dressage est sophistiqué, coloré ; un tableau particulièrement appétissant.

Gustativement c’est très fidèle à l’original. Chaque bouchée me rappelle les repas de famille où ce plat est la star du dîner. En somme, une réalisation technique qui m’a enchantée !

Je termine le repas par un nid d’abeilles ; un dessert à l’assiette composé de fruits rouges, d’une émulsion de miel de lavande et d’un crumble au pignon de pin. Je suis plutôt séduite par la structure de ce dessert qui répond parfaitement aux codes ; un élément crémeux, un élément acidulé, un biscuit croquant etc.

Bon dans l’ensemble, je regrette seulement la présence de fraises dans ce dessert… J’aurais préféré un fruit de saison ; pourquoi pas des suprêmes d’agrumes et quelques zestes de citron vert. Pour finir je dirai que c’est un lieu où on y fait de belles expériences gustatives !

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